Haiti Politique: la moquerie de Jean Carmy Felixon "Ou wel te byen gouye Prezidan"
Ou wè l te byen gouye Prezidan ?
Par Jean Carmy Felixon
Jambes largement écartées dans son jean, mouvements parfaitement maitrisés au rythme du « rabòday », applaudissements et éclats de rire de la foule, le spectacle est très beau aux yeux de son commanditaire. Une très petite fillette se déhanche pour le plaisir du couple présidentiel. Et immensément satisfait, le chef de l’État l’offre une voiture en échange de ses beaux « gouyad ». Nous ne sommes pas dans un film. Nous sommes dans la réalité physique, au Champ-de-Mars, en Haïti. À partir des nouveaux médias et des médias traditionnels, la scène est diffusée en direct et massivement partagée sur les réseaux sociaux.
Il n’y a aucun doute, si le chef de l’État, avec les fonds des contribuables, fait un don aussi important à une fillette pour ses déhanchements, nul besoin de questionner le président si la prestation a été excellente. Et même si la prestation n’avait pas été excellente, le président est satisfait, c’est ce qui importe. Et, la fillette mérite d’être grandement encouragée. Comme stimuli, les encouragements l’exciteront à se consacrer davantage aux déhanchements sensuels, notamment là où elle peut décrocher « le gros lot ». Je ne vais pas juger le cadeau. Certainement, le président croit que c’est un cadeau qui sera utile à la République sur le long terme. Toutefois, je ne peux m’empêcher de questionner le président : Ou wè l te byen gouye Prezidan ?
Je ne m’adresse pas à un opportuniste qui profite de la disparition des mœurs et valeurs pour basculer les principes moraux, et qui utilise le corps des enfants pour offrir ce spectacle aussi hideux que la ville de Port-au-Prince ; je ne m’adresse pas à un spectateur passif ni à un épicurien ; je ne m’adresse pas à un propriétaire de maison de passe pour mineurs… jamais, jamais, au grand jamais, le président de la grande République d’Haïti, n’est et ne saurait être de ces catégories. Je m’adresse au père de famille, au père qui n’offre jamais ses enfants en spectacle à la République, au père responsable, au père protecteur : Ou wè l te byen gouye Prezidan ?.
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